NOUS SOMMES UN LABORATOIRE EN DEHORS DE TOUT CONTEXT POLITIQUE

Le Moniteur, Article de presse, propos recueillis par Béatrice Girard


Uli Seher, également enseignant à l’école nationale d’architecture de Toulouse, présente la 7e édition de ses Utopies. Ce partenariat est mené avec la FPI et vise à faire émerger la ville de demain. L’édition 2022 était consacrée aux jardins métropolitains.



Comment fonctionne ce partenariat entre la Fédération des Promoteurs immobiliers et l’Ecole d’architecture de Toulouse ?

Chaque année depuis sept ans, une trentaine d’étudiants de dernière année réfléchissent à un projet d’aménagement urbain en lien avec les problématiques de la ville. Il y a eu, par le passé, des réflexions sur les entrées de ville ou les espaces ferroviaires et cette année, après deux ans d’interruption due à la Covid, ils ont planché sur « Les jardins métropolitains - les espaces verts du XXIe siècle ». Ces projets sont ensuite présentés à la profession et aux élus de la métropole. Mais attention, nous ne sommes pas des consultants, nous sommes un laboratoire et pour définir cette pédagogie étudiante, je parle toujours d’utopies. Je demande aux étudiants d’être totalement créatifs pour sortir de tous les cadres et contextes politiques et d’être force de proposition auprès des élus et de la profession sur l’évolution de la ville.


Pourquoi avoir choisi le thème des jardins métropolitains ?

Parce que Toulouse est une ville très concernée par les espaces verts et naturels. Elle est traversée notamment par la Garonne, le canal du Midi et le canal latéral qui sont tous bordés par des voies vertes. A partir de ce thème, les étudiants se sont focalisés sur ces grandes structures paysagères et ont réfléchi à la façon de réintégrer ces infrastructures naturelles dans la ville. Ces couloirs d’eau structurants correspondent aussi à une réflexion déjà engagée par la ville et la métropole. Je pense notamment au projet Grand parc Garonne, à la transformation de l’île du Ramier, amenée à devenir un poumon vert incroyable en plein cœur de la ville.


« Confronter les visions »


Parmi les précédents projets, certains ont-ils eu un impact direct sur l’aménagement de Toulouse ?

Aucun projet n’a été repris tel quel, encore une fois ce n’est pas le but. Néanmoins notre réflexion sur les entrées de ville avait fait émerger des projets mixtes avec des crèches et des écoles combinées à de l’habitat. A l’époque c’était utopique aujourd’hui c’est devenu une mixité incontournable identifiée comme un facteur apaisant de la société. Enfin, les projets des étudiants que nous présentons devant des grands témoins, sont souvent l’occasion d’ouvrir le débat avec les promoteurs, les élus, les associations, c’est une façon de confronter les visions.


Qui sont les grands témoins de l’édition 2022 ?

Annette Laigneau, la présidente d’Oppidea, SEM d’aménagement de Toulouse Métropole, et vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de l’urbanisme, ainsi que Cyril Trétout, architecte, urbaniste et co-fondateur de l’agence Nicolas Michelin (Anma) et Tae-Hoon Yoon, fondateur de l’agence Sathy, qui intervient dans de nombreux projets d’aménagements de ZAC. Ils seront questionnés à partir de ces projets.


Certains projets vous ont-ils étonné cette année ?

Sur la trentaine de projets, certains interpellent. Par exemple une utopie propose de faire émerger une halle de marché flottante sur le canal du Midi en plein centre de Toulouse. Il s’agit du site historique de la cale de Radoub des Demoiselles, magnifique mais pas exploitée. Les étudiants ont totalement retravaillé la voie verte et les pistes cyclables, ils montré que l’on pouvait créer un intérêt et amener des gens dans la profondeur de cette parcelle. D’autres ont fait émerger une ferme urbaine en bordure du canal du Midi au sud de Toulouse, d’autres encore ont transformé un ancien hangar de dirigeable situé sur les jardins de l’Hers en un lieu mixte et public…