LES JARDINS METROPOLITAINS

LA DEPECHE Article de presse par Faouzi Asmoun


Les jardins métropolitains : quand promoteurs et architectes imaginent la ville de demain

L’École nationale supérieure d’architecture de Toulouse et les promoteurs de l’immobilier veulent sensibiliser les futurs architectes aux grands enjeux environnementaux de demain.



Derrière chaque coup de pelle se cache un coup de crayon.

Après deux ans d’interruption due au Covid, la fédération des professionnels de l’immobilier neuf (FPI) et les étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse (ENSAT) reprennent leurs réflexions communes sur la ville de demain. Porté, depuis près de huit ans, par le professeur et architecte urbaniste Uli Seher, ce module intégré dans le cursus scolaire des futurs architectes tente d’apporter des réponses aux grands enjeux de développement de l’agglomération toulousaine. Un partenariat entre la FPI et l’ENSA de Toulouse qui a également pour but de faire découvrir aux étudiants les différents aspects du métier de la promotion immobilière. Cette année c’est autour du thème "Jardin métropolitain – les espaces verts du 21e siècle" que les étudiants en master ont dû plancher pour leur projet de fin d’études. "Cette thématique a été décidée pour faire réfléchir les futurs architectes à la renaturation de la ville. C’est-à-dire bien intégrer la nature dans le paysage urbain tout en continuant à le développer. En revanche, l’objectif n’est pas non plus d’amener la campagne à la ville", prévient Stephane Aubay, président de la FPI Occitanie.


Réservé aux étudiants de dernière année, ce module s’articule autour de groupes de travail, colloques, conférences… animés par les professionnels de l’immobilier neuf. "Nous définissons en début d’année le thème du module. Et à la fin du dernier semestre, les étudiants doivent remettre un projet de fin d’études. Avant d’être interrompu par l’épidémie du Covid, nous les avions fait travailler sur les hubs de transport autour de la métropole : comment relier tous les transports ferrés avec le périphérique ?", poursuit Stephane Aubay. Également ouvert aux étudiants en Erasmus, la valeur du module est égale à 12 crédits.


C’est donc aujourd’hui, au ‘Meeting Lab’ de Toulouse, que les futurs diplômés devront présenter devant un jury le fruit de leur travail. "Les projets ont déjà été présentés fin juin dans le cadre légal du cursus scolaire. La rencontre d’aujourd’hui est une restitution devant des grands témoins. L’idée est d’avoir un retour de professionnels et de sortir du cadre purement scolaire. Cette année les quatre projets sélectionnés seront scrutés par Annette Laigneau, vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de l’urbanisme et des projets urbains, Cyril Trétout et Tae Hoon Yoon, tous deux architectes urbanistes", détaille le président de la FPI. Et afin de rendre cet événement plus interactif, promoteurs, architectes et élus ont également été conviés. Au total près d’une soixantaine de personnes sont attendues.


Quatre projets sélectionnés

Port de l’embouchure : désenclaver les Sept Deniers

Port de cinquante : augmenter la ferme des cinquante grâce au Canal du midi à Ramonville

Un marché fluvial pour reconnecter la ville au Canal autour des cales du Radoub.

Un trait d’union entre deux rives dans le secteur de l’île du ramier.


"Les projets portés par les étudiants ne sont pas destinés pour l’instant à être réalisés. Ils ont une grande part d’utopie. Mais l’utopie d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain. Elle permet d’avancer et d’avoir des idées et de ne pas s’inhiber sur ce qu’il est possible d’évoluer", conclut Stéphane Aubay